Les richesses de mon passé

Savoir d’où l’on vient, est une question que chaque humain s’est déjà posé une fois dans sa vie.

Comment et où vivaient mes ancêtres ? De quelle(s) ethnie(s) suis-je l’héritière ?

Les années ont passé sans que je ne trouve de réponses à ces questions.

››› Ville du Carbet en Martinique : Le Marigot de la Grande Anse, L'église et le Marché. Source : www.antanlontan-antilles.com

Lorsque j'ai su que ces réponses étaient consignées dans les archives numériques départementales de la Martinique, et avec un bon coup de main d'une femme extraordinaire, je me suis retrouvée embrigadée dans des recherches généalogiques. Les recherches se sont portées sur une période allant de 1820 à 1849.

La consultation des archives sur le site Anom, ou de la Banque Numérique des Patrimoines Martiniquais est très aisée, et a permis en quelques heures de retrouver mon ancêtre de ma lignée paternelle ! L’émotion me gagne et des larmes coulent sur mes joues.

Elle, esclave immatriculée sous le n°37 dans la ville du Carbet en Martinique, s’appelait Cora. Les esclaves, et les affranchis ne portaient que leur prénom. Ce n’est qu’à l’abolition de l’esclavage qu’un patronyme leur a été arbitrairement attribué.

Quand est-elle arrivée en Martinique, pourquoi s’est-elle retrouvée captive et vendue en Afrique, de quelle ethnie était-elle originaire ? Je ne le sais pas précisément au stade actuel de mes recherches, mais lors de la rédaction de son acte d’individualité (voir photo), il est dit que Cora avait 48 ans en 1848, qu’elle était née en Afrique et avait 7 enfants. Cependant, en retraçant l’histoire de la traite négrière - que je vous invite à lire ici - il y a une forte probabilité qu’elle soit arrivée durant la traite «clandestine» et sans doute à bord d’un négrier anglais, entre 1815 et 1831.

Le 13 octobre 1822, eut lieu une révolte des esclaves au Carbet, la troisième sur les cinq grandes révoltes qui éclateront sur mon île natale. Cora y a certainement assisté, et même participé...! Durant cette période il y avait alors en Martinique 72 559 esclaves c’est-à-dire près 85% de la population ! Nous avons pu retracer son histoire et je dois avouer (avec une émotion palpable) que cette femme est pour moi un "poto-mitan". Elle fut esclave, puis une femme libre, une mère puis une épouse, car avant l’abolition, les esclaves n'avaient pas le droit de se marier.

 

Je comprends mieux la détermination des femmes de ma famille d'ailleurs. Et j’aime à imaginer qu'elle a pu un temps, préserver et enseigner sa culture africaine à ses enfants, leur racontant ce qu’elle se souvenait de son passé là-bas, loin au-delà de l’océan. Soudain un frisson m'étreint, serait-elle fière de sa descendance ? De moi ? Comment honorer sa mémoire, et l’héritage qu’elle a laissé dans mon sang ? Une partie d’elle vit en moi, j’en prends conscience désormais. Cette recherche généalogique représente ce que je suis, c’est l’histoire de ma famille sur près de 170 ans. Mon rêve aujourd'hui est de pouvoir compter les aventures de Cora, la «mama africa» de ma famille. Je ne regrette pas d'avoir entrepris ces recherches, je n'ai pas encore fini, mais au moins des questions ont trouvé des réponses... Et pourquoi ne pas vous lancer aussi dans cette aventure ?!

››› L'Acte d'Individualté de mon ancêtre africaine Cora, suite à l'Abolition de l'Esclavage en 1848, provenant des archives numérisées sur ANOM.

BANQUE

NUMÉRIQUE

DES PATRIMOINES

MARTINIQUAIS

PRESSE

contact@jessicadorsey.com

BOOKING

booking@angelsway-music.com



DISTRIBUTION

Cime Musique, Ms Johanne Belisle

Tél 450-676-2463

jbelisle@cimemusique.com

3680, Grande Allée, St-Hubert

Québec, Canada



PRODUCTION

Angelsway Music

contact@angelsway-music.com

© 2017 Angelsway Music. Tous droits réservés.